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Stephen Toulmin

Stephen Toulmin

Philosophie
Stephen Toulmin (1922–2009) est un philosophe britannique, surtout connu pour ses travaux sur le raisonnement, l’argumentation et la rationalité pratique. Formé à la philosophie et à l’histoire des sciences, Stephen Toulmin s’est opposé aux conceptions trop abstraites et formalistes de la raison héritées du rationalisme classique. Dans son ouvrage majeur, The Uses of Argument, il propose une analyse du raisonnement fondée sur les pratiques réelles de justification, montrant que les arguments dépendent toujours de contextes, de champs disciplinaires et de situations concrètes. Il élabore ainsi un modèle devenu célèbre — données, garantie, appui, conclusion — qui met en lumière la dimension pratique et située de la rationalité. La pensée de Toulmin vise à réhabiliter une raison incarnée, historique et argumentative, attentive aux usages plutôt qu’aux systèmes idéaux. Son influence s’étend à la philosophie, au droit, à la rhétorique, aux sciences cognitives et à l’analyse du discours.

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De Parménide à Héraclite

De Parménide à Héraclite

Si ni les particules subatomiques ni les espèces organiques ne correspondent aux « entités permanentes » de la métaphysique grecque, qu’est-ce qui, dans le monde réel, le fait ? ...Deux siècles de recherches historiques ont changé la donne. Que l’on s’intéresse à l’histoire sociale ou intellectuelle, à la zoologie évolutive, à la géologie historique ou à l’astronomie — que l’on examine les théories explicatives, les amas stellaires, les sociétés, les cultures, les langues, les disciplines, les espèces organiques ou la Terre elle-même — le verdict n’est pas parménidien, mais héraclitéen. Selon notre compréhension actuelle, rien dans le monde empirique ne possède l’identité permanente et immuable que les philosophes grecs de la nature (à l’exception des Épicuriens) prêtaient aux éléments ultimes de la nature. Si nous voulons formuler des pensées métaphysiques compatibles avec le reste de nos idées contemporaines, nous devons explorer les conséquences d’une approche moderne, post-darwinienne ou « populationnelle », non seulement pour les espèces, mais pour toutes les entités historiques. Face à la question « Comment les entités permanentes conservent-elles leur identité à travers les changements ? », il faut simplement en rejeter la validité. Et lui substituer une autre : « Comment les entités historiques maintiennent-elles leur cohérence et leur continuité malgré les véritables changements qu’elles subissent ? »

Stephen Toulmin

Human Understanding (1972), vol. 1