Le meilleur représentant de la philosophie anarchiste dans la Grèce antique fut Zénon (342–267 ou 270 av. J.-C.), de Kition, fondateur du stoïcisme, qui opposa clairement sa vision d’une communauté libre sans gouvernement à l’utopie étatiste de Platon. Il rejeta l’omnipotence de l’État, son interventionnisme et sa réglementation, et proclama la souveraineté de la loi morale de l’individu — notant déjà que si l’instinct de préservation pousse l’homme à l’égoïsme, la nature lui a donné un correctif : l’instinct de sociabilité. Lorsque les hommes seront raisonnables au point de suivre leurs instincts naturels, ils s’uniront par-delà les frontières et constitueront le Cosmos. Ils n’auront plus besoin ni de tribunaux ni de police, ni de temples ni de culte public, ni même d’argent — les dons gratuits remplaceront les échanges.
« Anarchisme », Encyclopædia Britannica (1910), cité dans Anarchism: A Collection of Revolutionary Writings (1927)