Friedrich Nietzsche (1844–1900) était un philosophe, philologue et critique culturel allemand dont l’œuvre a profondément transformé la pensée moderne.
Nietzsche débuta sa carrière comme philologue classique et fut nommé professeur à Bâle à l’âge de vingt-quatre ans. Il rompit rapidement avec les conventions universitaires pour suivre une voie philosophique radicalement indépendante, écrivant dans un style aphoristique, poétique et souvent provocateur. Parmi ses œuvres majeures figurent Ainsi parlait Zarathoustra, Par-delà bien et mal, La Généalogie de la morale et Le Gai Savoir.
Au cœur de sa philosophie se trouve une critique de la morale traditionnelle, en particulier des systèmes chrétiens et métaphysiques qui, selon lui, nient la vie en condamnant la force, la créativité et le devenir. Il proclame la « mort de Dieu », non comme une thèse théologique, mais comme un diagnostic culturel : l’effondrement des valeurs absolues qui donnaient autrefois sens et orientation à l’Occident.
Nietzsche élabore des concepts majeurs tels que la volonté de puissance, le surhomme (Übermensch), l’éternel retour et le dépassement de soi. Ensemble, ils expriment une vision de la vie comme création, interprétation et transformation continue, plutôt que comme obéissance à des vérités fixes ou à des lois morales immuables.
Souvent mal compris comme penseur de la domination ou du nihilisme, Nietzsche cherche en réalité une transvaluation des valeurs : une manière d’affirmer la vie, la souffrance et la contradiction sans se réfugier dans le ressentiment ou les fausses consolations. Sa philosophie n’est pas un système clos, mais une invitation à penser, à expérimenter et à assumer la responsabilité de ses valeurs.
Bien que ses dernières années aient été marquées par l’effondrement mental et le silence, l’influence de Nietzsche a été immense — façonnant l’existentialisme, la psychanalyse, le post-structuralisme, la littérature et les critiques contemporaines de la morale et de la culture.