James Bond Stockdale (1923–2005) était un amiral de la marine américaine, pilote de chasse, et l’une des incarnations modernes les plus saisissantes du stoïcisme en acte.
Abattu au-dessus du Vietnam du Nord en 1965, Stockdale passa plus de sept années comme prisonnier de guerre, dont une grande partie à l’isolement. Officier le plus gradé parmi les captifs, il endura des tortures sévères tout en organisant la résistance clandestine, en faisant respecter un code de conduite et en protégeant ses compagnons de captivité — souvent au prix de grandes souffrances personnelles. Pour son courage et son leadership, il reçut la Medal of Honor.
Ce qui rend Stockdale particulièrement remarquable est son recours conscient au stoïcisme — en particulier aux enseignements d’Épictète — durant sa captivité. Ayant étudié Épictète peu avant son déploiement, il déclara plus tard que les stoïciens lui avaient donné « un langage pour la souffrance » et un cadre mental pour préserver sa liberté intérieure lorsque toute liberté extérieure lui avait été retirée. Le contrôle du jugement, de l’assentiment, de l’intention et de la finalité morale devint sa ligne de survie.
Après la guerre, Stockdale continua à écrire et à parler de philosophie stoïcienne, d’éthique et de caractère. Il fut président du Naval War College, puis une figure intellectuelle publique. Sa vie est souvent citée comme une démonstration vivante de principes stoïciens fondamentaux : la prohairesis, l’assentiment, l’endurance, la dignité face à l’adversité, et l’action juste indépendamment du résultat.
L’héritage de Stockdale n’est pas l’idée que le stoïcisme ferait disparaître la souffrance, mais qu’il montre comment un être humain peut demeurer libre, cohérent et honorable même dans les conditions les plus extrêmes.