Voilà pourquoi on donne aux enfants un proverbe – ce que les Grecs appellent une Chreia – à apprendre par cœur ; ce genre de chose peut être compris par un jeune esprit, qui ne peut pas encore contenir davantage. Mais pour un homme dont les progrès sont réels, courir après des extraits choisis, appuyer sa faiblesse sur les formules les plus connues et les plus brèves, et dépendre de sa mémoire, est honteux : il est temps pour lui de s’appuyer sur lui-même. Il doit forger ses propres maximes, non les mémoriser. Il est même honteux, pour un vieillard ou un homme qui approche de la vieillesse, d’avoir une connaissance de carnet de notes. « Voici ce que disait Zénon. » Et toi, qu’as-tu dit ? « C’est l’opinion de Cléanthe. » Et toi, quelle est ton opinion ? Combien de temps marcheras-tu encore sous les ordres d’un autre ? Prends le commandement, et prononce quelque parole que la postérité retiendra. Tire quelque chose de ton propre fonds.