Le premier sujet de la philosophie, et le plus nécessaire, est celui de l’usage des théorèmes moraux, comme « Il ne faut pas mentir ». Le second concerne leur démonstration : « D’où vient notre obligation de ne pas mentir ? » Le troisième donne de la solidité et de la précision aux deux premiers : « Qu’est-ce qu’une démonstration ? Qu’est-ce qu’une conséquence ? Une contradiction ? Une vérité ? Un mensonge ? » Le troisième sujet est donc nécessaire à cause du deuxième, et le deuxième à cause du premier. Mais celui sur lequel nous devons véritablement nous appuyer, c’est le premier. Et pourtant, nous faisons tout le contraire : nous passons tout notre temps sur le troisième, avec le plus grand soin, en négligeant totalement le premier.
Épictète, Manuel, 51
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