Pour saisir la nature du Bien Suprême, il ne faut ni longs discours ni détours : on devrait pouvoir le désigner du doigt, pour ainsi dire, au lieu de le disperser en mille fragments. À quoi bon le morceler, quand on peut simplement dire : le Bien Suprême, c’est ce qui est honorable ? Et — tu t’en étonneras peut-être davantage — ce qui est honorable est le seul bien véritable ; tous les autres sont mêlés, corrompus. Si tu te convaincs de cela, si tu viens à aimer la vertu passionnément (car l’aimer simplement ne suffit pas), alors tout ce que la vertu touche deviendra pour toi source de bénédiction et de prospérité, quelle que soit l’opinion des autres. La torture — si, dans ta souffrance, ton esprit reste plus calme que celui du bourreau. La maladie — si tu ne maudis pas la Fortune, si tu ne cèdes pas à la douleur. Bref, toutes ces choses que d’autres appellent des maux deviendront supportables et même bénéfiques, si tu parviens à t’élever au-dessus d’elles.