Ainsi, après avoir appris les leçons propres à chaque vertu, il faut impérativement passer à la pratique, si l'on espère en tirer un quelconque bénéfice. Cet exercice pratique est d'autant plus crucial pour l'élève philosophe que pour l'étudiant en médecine ou dans tout autre art, puisque la philosophie revendique une exigence et une difficulté supérieures à toutes les autres disciplines. Pourquoi ? Parce que les étudiants des autres professions ne viennent pas avec l'âme corrompue ni déjà imprégnés d'opinions contraires à celles qu'on va leur enseigner. Le philosophe, lui, a grandi dans un monde pétri de corruption, et doit donc s'entraîner plus longuement et plus rigoureusement pour s'orienter vers la vertu.
Musonius Rufus, Comment vivre, Discours 6 : De l’entraînement
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