En effet, il y a eu des cas où l'exil a été une bénédiction absolue, comme ce fut le cas pour Diogène qui, par son exil, s'est transformé de citoyen ordinaire en philosophe, (...) pour d'autres qui étaient en mauvaise santé à cause de leurs excès et de leur vie mondaine, l'exil a été une source de force parce qu'ils ont été forcés de mener une vie plus virile. Nous en connaissons même qui ont été guéris de maladies chroniques en exil (...) On dit que d'autres, dépendants de la grande vie, se sont débarrassés de la goutte, alors qu'ils étaient auparavant complètement cloués au lit par la maladie, des gens que l'exil a obligés à s'habituer à vivre plus simplement et qui, par là même, ont recouvré la santé. Il apparaît ainsi qu'en les traitant mieux qu'ils ne se traitent eux-mêmes, l'exil favorise plutôt qu'il n'entrave la santé du corps et de l'esprit.