Tu vois que l'homme peut endurer l'effort : Caton, à pied, mena une armée à travers les déserts d'Afrique. Tu vois que la soif peut être supportée : il marcha sur des collines battues par le soleil, traînant les restes d'une armée vaincue et sans aucune colonne de ravitaillement, subissant le manque d'eau et portant une lourde armure ; toujours le dernier à boire des quelques sources qu'ils parvenaient à trouver. Tu vois que l'honneur, et même le déshonneur, peuvent être méprisés : on rapporte que le jour même où Caton fut défait aux élections, il joua à la balle. Tu vois aussi que l'homme peut être libre de la peur de ceux qui sont au-dessus de lui en rang : car Caton attaqua César et Pompée simultanément, à un moment où personne n'osait s'attaquer à l'un sans chercher à obliger l'autre. Tu vois que la mort peut être méprisée tout comme l'exil : Caton s'infligea l'exil et, finalement, la mort, et la guerre tout le long.