Section 4
IV. J’y parviendrai, je l’espère, si je vous montre d’abord que rien dans mon sort ne doit faire juger malheureux ni moi, ni à plus forte raison les miens, qui souffriraient de mon malheur ; et si, passant à votre destinée particulière, laquelle dépend toute de la mienne, je vous prouve qu’elle n’est point au-dessus de vos forces. Je commencerai par ce que votre tendresse est le plus impatiente d’ouïr, et vous dirai que je n’éprouve aucun mal. Quand je ne pourrais vous en convaincre, je vous démontrerai du moins que le faix sous lequel je vous, parais fléchir peut se supporter. Que si encore vous ne m’en croyez pas, je m’applaudirai davantage de me trouver heureux dans une situation qui ne fait presque que des misérables. Ne jugez point sur ouï-dire ; c’est moi qui, pour empêcher que des préjugés ne vous troublent, vous déclare que je ne suis pas malheureux. J’ajouterai, pour vous tranquilliser plus encore qu’il est impossible que je le sois jamais.