Les choses qui ne dépendent pas de nous ne sont ni à désirer ni à craindre.
Souviens-toi que, dans le désir, on se promet d’obtenir l’objet désiré ; et que, dans l’aversion, on se promet d’éviter ce qui nous répugne. Or celui dont le désir est déçu est malheureux ; et celui qui tombe sur ce qu’il fuyait est misérable. Ne fuis donc que les choses qui, dépendant de toi, sont contraires à la nature, et tu ne tomberas pas sur ce que tu fuis. Mais si tu veux éviter la maladie, ou la mort, ou la pauvreté, tu seras misérable.
2. Détourne donc ton aversion de tout ce qui ne dépend pas de nous, et reporte-la sur ce qui, dépendant de nous, est contraire à la nature. Quant au désir, supprime-le entièrement pour le moment. Car si tu désires l’une de ces choses qui ne dépendent pas de nous, tu seras nécessairement malheureux ; et, d’un autre côté, parmi les choses qui dépendent de nous et qu’il serait beau de désirer, aucune n’est encore à ta portée. Contente-toi donc de t’approcher des choses ou de t’en éloigner par un mouvement volontaire, mais peu appuyé, avec des réserves, et en modérant ton élan.