Le renoncement à toutes les choses extérieures est le prix dont s’achète le bonheur
I. Veux-tu avancer dans la sagesse, laisse ces raisonnements : « Si je néglige mes biens, je n’aurai pas de quoi vivre ; si je ne châtie pas mon esclave, il sera méchant. Car il vaut mieux mourir de faim en restant exempt de tristesse et de crainte, que de vivre dans l’abondance, l’âme troublée ; et il vaut mieux que ton esclave soit méchant, que toi malheureux.
II. Commence donc par les petites choses. Ta petite provision d’huile est répandue ? on t’a pris ta piquette ? dis-toi : « À ce prix s’achète l’impassibilité, à ce prix l’imperturbabilité : on n’a rien pour rien. » Et lorsque tu appelles ton esclave, pense en toi-même : « Il peut ne pas entendre, ou, ayant entendu, ne rien faire de ce que je veux ; mais il n’aura pas cet avantage, que le calme de mon âme soit en sa dépendance. »