Lorsque... Héraclite appelle le monde un feu éternellement vivant qui... s’éteint et se rallume, lorsque... tout est échangé contre du feu, et le feu contre tout... il ne peut entendre par là que le feu — cet élément agité, tout-consumant, tout-transformant, et aussi, par sa chaleur, tout-vivifiant — représente de façon vivante et énergique la force constante de l’altération et de la transformation éternelles, la notion même de la vie. ...le feu est le moyen dont se sert la force du mouvement, antérieure à toute matière, pour produire le processus vivant des choses. Héraclite explique ainsi la multiplicité des choses... le feu se condense en éléments matériels : d’abord l’air, puis l’eau, puis la terre. ...Ces deux processus d’extinction et d’embrasement s’alternent en une rotation perpétuelle, et à intervalles réguliers, le monde se résout en feu primitif pour renaître de lui. ...Pour lui, le feu est le principe du mouvement, de la vitalité physique et spirituelle ; l’âme elle-même est une vapeur ignée ; sa puissance et sa perfection dépendent de sa pureté, exempte d’éléments grossiers et ternes.