Lorsque les bouleversements de notre époque t'en donnèrent l'occasion, tu remis à l'usage des hommes ce génie de ton père pour lequel il avait souffert, et tu le rendis véritablement immortel en publiant comme un mémorial éternel ces livres que cet homme parmi les plus courageux avait écrits de son propre sang. Tu as rendu un grand service à la littérature romaine : une grande partie des ouvrages de Cordus avait été brûlée ; un grand service à la postérité, qui recevra un récit véridique des événements, qui coûta si cher à son auteur ; et un grand service à lui-même, dont la mémoire fleurit et fleurira toujours, tant que les hommes accorderont quelque valeur aux faits de l'histoire romaine, tant qu'il vivra quelqu'un qui souhaite revoir les actions de nos pères, savoir à quoi ressemblait un véritable Romain — un homme qui demeura invaincu alors que toutes les autres nuques s'étaient courbées sous le joug de Séjan, un homme libre dans chacune de ses pensées, de ses émotions et de ses actions.