Aux animaux, non seulement les vertus humaines sont interdites, mais même les vices humains : leur constitution entière, mentale comme corporelle, est différente de celle des êtres humains... Ils possèdent bien l'intellect, le plus grand des attributs, mais à l'état brut et imprécis. Il leur permet donc de saisir certaines images ou apparences qui les poussent à agir, mais de manière floue et indistincte. Leurs élans et leurs accès sont violents, mais ils ne ressentent ni peur, ni inquiétude, ni tristesse, ni colère, seulement des semblants de ces émotions : aussi les abandonnent-ils vite pour passer à leur contraire. Ils broutent après avoir montré la plus vive fureur ou la plus grande terreur, et après des mugissements furieux ou des ruades frénétiques, ils sombrent aussitôt dans un sommeil paisible.