En tout cas, si tu veux clarifier ce genre d’ambiguïtés, enseigne-nous que l’homme heureux n’est pas celui que la foule croit tel — celui dont les coffres débordent de richesses — mais celui dont toutes les possessions sont en son âme, qui est droit et élevé, qui méprise l'inconstance, qui ne voit aucun homme avec lequel il souhaiterait échanger sa place, qui juge les hommes selon leur valeur en tant qu'hommes, qui prend la Nature pour maîtresse, se conformant à ses lois et vivant selon ses commandements, que rien ne peut priver de ses biens, qui transforme le mal en bien, qui juge sans erreur, inébranlable, sans peur, qu'on peut ébranler par la force mais jamais égarer, que la Fortune, même en lançant contre lui ses projectiles les plus meurtriers, peut à la rigueur effleurer — mais jamais blesser.