
Vices
Kakos
Dans l’école de philosophie stoïcienne, le concept de « kakos » nous rappelle les aspects les plus sombres de la nature humaine. Souvent traduit par « vice » ou « mauvais », ce terme englobe les comportements et traits de caractère qui peuvent nous faire dévier de notre quête du bien-être. Imagine un chemin qui se sépare en deux, où une route mène à la rationalité et à une vie éthique, tandis que l'autre mène au chaos des désirs incontrôlés et des habitudes destructrices. C’est le choix que le stoïcisme demande de faire.
Les vices sont perçus comme des manifestations de passions irrationnelles : des émotions et désirs qui éloignent les individus de la raison et d’une conduite juste. Ces passions ne sont en soi, pas intrinsèquement mauvaises, mais elles deviennent problématiques lorsqu'elles dominent les actions et les décisions d'une personne, causant du tort non seulement à cette personne, mais aussi aux autres. Les vices englobent diverses formes de manquements moraux : cupidité, jalousie, colère, malhonnêteté … chacun sapant la capacité d'un individu à vivre bien, perturbant l'harmonie de la vie personnelle et collective. La cupidité par exemple, peut conduire à une insatiable soif de toujours plus, érodant les relations interpersonnelles et créant un environnement de compétition entres les uns les autres, plutôt que favorisant la coopération. De même, la colère peut obscurcir le jugement et provoquer des réactions qui sont irrationnelles, portant préjudice à l’individu lui-même.
Les Stoïciens affirment que céder à ces vices qui sont souvent ancrés dans une perception erronée de la vraie valeur des choses, entraîne immanquablement une profonde souffrance personnelle ainsi que des répercussions sur les relations avec les autres. Lorsque les individus laissent des désirs irrationnels primer sur leurs vertus, ils s’exposent à une vie empreinte d'insatisfactions permanentes dans laquelle la déconnexion au grand Tout – parce qu’ils ne mènent pas une vie vertueuse, ne permet pas une vie harmonieuse. La personne voit alors son bien être intérieur diminuer, ainsi que le tissu qui les lie à leurs communautés, s’éroder. En privilégiant des plaisirs éphémères ou des biens extérieurs, il ou elle sacrifie sans le savoir l’épanouissement profond qui découle d'une vie bonne, perpétuant ainsi un cycle de mécontentement sans fin qui les affecte à la fois eux-mêmes et ceux qui les entourent.
Les vices sont donc des obstacles sur le chemin de l'eudaimonia – du véritable bonheur, qui ne peut être atteint qu'à travers une vie guidée par la vertu.