
Isosthénie
Isostheneia
Dans le scepticisme de la Grèce antique, particulièrement au sein du pyrrhonisme, l’isosthénie (souvent rendue en anglais par « isostheny ») désigne la notion d’une force égale, ou d’une équipollence, entre des arguments ou des perceptions opposés. Les sceptiques pyrrhoniens, tels Sextus Empiricus, ont observé que pour pratiquement toute thèse philosophique ou impression sensorielle, on pouvait formuler un contre-argument ou une perception contradictoire possédant une force persuasive équivalente. Parce que chaque position d’une controverse semble disposer d’arguments de poids comparable, le sceptique est conduit à l’epoché (la suspension du jugement).
L’idée directrice de l’isosthénie est qu’aucune position ne bénéficie d’un avantage décisif sur son opposé lorsque l’on prend en compte tous les arguments et preuves pertinents. Ainsi, l’esprit, confronté à des perspectives aussi convaincantes que contradictoires, s’abstient de considérer l’une ou l’autre comme définitivement vraie ou fausse. Selon les pyrrhoniens, cet état d’équilibre peut favoriser une forme de tranquillité : en suspendant son jugement, on évite l’anxiété dogmatique qui découle de la tentative d’établir une certitude là où elle n’est pas accessible.