
Cohésion
synektikón
Ssynektikón désigne, dans la physique stoïcienne, le principe de cohésion qui tient ensemble un corps et lui permet d’exister comme unité. Il ne s’agit pas d’un simple lien mécanique, mais d’une tension interne active qui confère au corps sa consistance, sa continuité et sa résistance à la dispersion.
Pour les stoïciens, tout ce qui existe est corporel. Or, un corps ne subsiste pas par juxtaposition de parties, mais parce qu’une force interne les maintient unies. Le synektikón est précisément cette force : ce qui empêche le corps de se dissoudre, ce qui assure son maintien et sa forme.
Cette cohésion est assurée par le pneuma, principe à la fois matériel et rationnel, qui pénètre les corps et les structure de l’intérieur. Selon son degré de tension (tonos), le pneuma produit différents niveaux d’organisation : simple cohésion dans les corps inanimés, croissance dans les êtres vivants, sensation chez les animaux, raison chez l’être humain. Le synektikón correspond au niveau le plus fondamental de cette structuration. Il est essentiel de noter que la cohésion stoïcienne n’est pas une fixité. Elle est dynamique : un équilibre de forces, une tension maintenue, non une immobilité. Un corps existe tant que cette tension interne subsiste ; lorsqu’elle se relâche, le corps se défait. La cohésion est donc compatible avec le changement, le mouvement et la transformation.
Sur le plan conceptuel, le synektikón permet aux stoïciens de penser l’unité sans recourir à des formes transcendantes ou à des essences immatérielles. L’unité d’un être ne vient pas d’un principe extérieur, mais de ce qui agit en lui et le traverse. En ce sens, la cohésion est une expression exemplaire de l’immanence stoïcienne.
Ainsi, le synektikón n’est pas seulement un concept physique, mais une clé ontologique : exister, c’est être tenu ensemble de l’intérieur. La cohésion n’est pas ce qui dure immuablement, mais ce qui opère continuellement pour maintenir un être dans l’existence.