Pensée 9.41
41. Épicure a dit : « Quand j’étais indisposé, je ne mettais jamais la conversation sur mon mal ; et je me gardais d’en souffler mot à ceux qui venaient chez moi. Mais je poursuivais l’entretien commencé sur les principes de la nature ; et je m’appliquais uniquement à ce que l’âme, qui participe cependant à ces émotions poignantes de la chair, n’en fût pas troublée, et conservât la jouissance du bien qui n’appartient qu’à elle. Je ne laissais pas même aux médecins, poursuit Épicure, la vanité de croire qu’ils faisaient quelque chose pour moi. Et ma vie n’en continuait pas moins son cours heureux et digne. » Tu dois imiter cet exemple dans la maladie, si tu es malade, ou dans tout autre accident ; car il ne faut jamais déserter la philosophie, quelles que soient les circonstances ; pas plus qu’il ne faut perdre ses paroles en conversant avec l’ignorant, ou avec celui qui n’a point étudié la nature, préceptes excellents que recommandent toutes les écoles ; en un mot, on doit être tout entier à ce qu’on fait actuellement, et au moyen qu’on emploie pour le faire.