Pensée 9.30
30. Regarde d’un peu haut ces rassemblements innombrables, ces innombrables cérémonies de tout ordre, ce voyage fait dans toutes les conditions de tempête et de calme, ces diversités infinies d’êtres naissant, coëxistant, mourant ; songe aussi un peu à cette vie que tant d’autres ont jadis vécue comme toi, à cette vie qu’après toi d’autres vivront encore, à la vie que mènent à cette heure tant de nations barbares ; et calcule combien il y a d’hommes qui n’ont jamais entendu même prononcer ton nom, combien qui l’oublieront dans un moment, combien qui peut-être te louent aujourd’hui et qui demain s’empresseront de te déchirer. Et tu te diras que le souvenir des hommes est certainement bien peu de chose, que la gloire ne vaut pas davantage, et que rien dans tout cela ne mérite notre estime.