Pensée 9.21
21. Qu’une action cesse ; qu’un désir, qu’une idée s’arrêtent et s’apaisent ; que tout cela meure, peut-on dire, il n’y a pas là le moindre mal. À un autre point de vue, considère les âges divers de la vie, enfance, adolescence, jeunesse, vieillesse ; tous ces changements sont des morts successives de chacun de ces états. Est-ce donc si terrible ? Maintenant considère encore le temps de la vie que tu as passé sous la conduite de ton grand-père, de ta mère, de ton père; et te rappelant encore bien d’autres vicissitudes que celles-là, bien d’autres changements, bien d’autres cessations de choses, demande-toi de nouveau : « Est-ce donc si terrible ? » Ainsi, le terme de la vie tout entière, sa cessation, son changement ne sont pas non plus davantage à craindre.