Pensée 9.13-16
13. Aujourd’hui, je suis sorti de tous mes embarras ; ou, pour mieux dire, j’ai mis tous mes embarras de côté ; car ils n’étaient pas au dehors ; ils étaient tout intérieurs, c’est-à-dire dans les idées que je m’en faisais.
14. Toutes choses deviennent familières par l’expérience qu’on en acquiert ; le temps qu’elles subsistent n’est que d’un jour ; leur matière n’est que souillure. À cette heure, tout est absolument ce qu’il était[46] quand vivaient ceux que nous avons ensevelis.
15. Les choses nous sont extérieures et restent à notre porte. Indépendantes par elles-mêmes, elles ne savent rien de ce qu’elles sont, elles ne nous en disent rien. Qui nous en apprend donc quelque chose ? C’est uniquement la raison, qui nous gouverne.
16. Pour l’être raisonnable qui vit en société, le mal, ainsi que le bien, ne consiste pas dans ce qu’il pense, mais dans ce qu’il fait. C’est comme la vertu et le vice, qui, pour lui, ne consistent pas davantage dans la pensée, mais dans l’action.