Pensée 8.Meditation 41
41. Une gêne pour la sensibilité est un mal pour la vie animale ; une gêne à la satisfaction d’un désir est un mal pour la vie animale également ; une gêne d’un autre genre peut être aussi un mal pour la vie végétative en nous. De la même manière, ce qui gêne l’intelligence est donc un mal pour la nature intellectuelle. Eh bien, applique-toi à toi-même ces réflexions diverses. Est-ce que la douleur et le plaisir te touchent ? C’est à la sensibilité de le savoir. Ton désir rencontre-t-il un obstacle qui l’arrête ? Mais si tu as conçu ce désir sans y supposer les limitations nécessaires, le mal est alors imputable à ta raison. Que si ton sort est le sort commun de tout le monde, tu n’as pas le droit de dire que tu aies subi un tort, ou rencontré un obstacle. Personne au monde, si ce n’est toi, ne peut empêcher les actes propres de ton intelligence ; il n’y a ni feu, ni fer, ni tyran, ni calomnie, en un mot il n’y a rien qui puisse la toucher.
« L’âme, une fois Sphærus, reste tout arrondie. »