Pensée 8.45
Marc AurèlePenséesLivre 8.45
45. Saisis-moi, jette-moi où bon te semble. Là comme partout ailleurs, j’aurai mon génie, qui ne me sera pas moins favorable, je veux dire, qui saura se contenter de vivre et d’agir conformément aux lois de son organisation propre. Qu’y a-t-il donc là qui mérite que mon âme en soit en rien troublée, et que, se ravalant elle-même, elle s’abaisse, se passionne, et se laisse aller à l’abattement ou à l’épouvante ? Mais où trouver jamais quelque chose qui puisse valoir ce sacrifice ?