Pensée 8.36
36. Prends garde de te troubler en essayant d’embrasser d’un coup d’œil l’ensemble de ta vie ; ne t’agite pas à la pensée de tous les événements qui, selon toute probabilité, peuvent t’assaillir encore. Mais contente-toi dans chaque occurrence de t’occuper uniquement du présent, et demande-toi : « Est-ce qu’il y a dans ce qui m’arrive quelque chose de vraiment intolérable, et que je ne puisse endurer ? » Tu rougiras alors à tes propres yeux de t’avouer ta faiblesse. Puis souviens-toi bien encore que ce n’est ni l’avenir ni le passé qui te presse, mais que c’est toujours le présent. Or le présent se réduit à bien peu de chose, si tu te bornes à ne considérer que lui, et que tu sois prêt à gourmander ton cœur de ne pas savoir tenir contre un adversaire réduit à des forces aussi mesquines.