Pensée 7.1-2
1. Qu’est-ce que le vice ? C’est ce que tu as vu cent fois dans ta vie. Mais ce n’est pas seulement pour le mal, c’est aussi pour tout ce qui t’arrive, que tu peux te dire que ce sont là des choses que tu as déjà vues mille fois. De tous côtés, en haut, en bas, il n’y a que répétition de choses semblables, remplissant les histoires des âges reculés, les histoires des temps plus récents, les histoires contemporaines, et remplissant, même à l’heure ou nous parlons, nos cités et nos familles. C’est qu’il n’y a rien de nouveau dans le monde, et toutes les choses sont tout ensemble habituelles et passagères.
2. Comment pourrais-tu faire mourir en toi les jugements que tu formes, autrement qu’en éteignant les perceptions sensibles qui y correspondent, et qu’il ne tient absolument qu’à toi de raviver ? Je puis toujours m’en faire l’idée qu’il faut en avoir ; et, du moment que je le puis, pourquoi m’en troubler ? Les choses du dehors, puisqu’elles ne résident pas dans mon esprit, ne peuvent absolument quoi que ce soit sur mon esprit lui-même. Sois donc dans cette disposition ; et te voilà dans le vrai. Tu peux alors te faire une vie nouvelle. Examine encore une fois les choses comme tu les as vues naguère ; car c’est là précisément se faire une nouvelle vie.