Pensée 5.23
Marc AurèlePenséesLivre 5.23
23. Considère souvent en ton cœur la rapidité du mouvement qui emporte et fait disparaître tous les êtres et tous les phénomènes. L’être est comme un fleuve qui coule perpétuellement ; les forces de la nature sont dans des changements continuels ; et les causes présentent des milliers de faces diverses. Rien pour ainsi dire n’est stable ; et cet infini qui est si près de toi est un abîme insondable, où tout s’engloutit, soit dans le passé, soit dans l’avenir. Ne faut-il pas être insensé pour que tout cela puisse vous gonfler d’orgueil, ou vous tourmenter, ou vous rendre malheureux, quand on songe combien de temps dure ce trouble et combien il est peu de chose ?