Pensée 4.5-9
5. La mort, telle que nous la voyons, est, ainsi que la naissance, un mystère de la nature : ici, combinaison des mêmes éléments ; et là, dissolution d’éléments toujours les mêmes. Dans tout cela, il n’y a rien absolument qui puisse révolter un être doué d’intelligence, ni qui contredise le plan raisonné du système entier.
6. Telles conséquences devaient de toute nécessité, dans l’ordre de la nature, sortir de tels principes. Ne pas vouloir qu’il en soit ainsi, c’est vouloir que la figue n’ait pas de suc. En un mot, souviens-toi bien de ceci : c’est que, dans le plus mince intervalle de temps, et toi et lui, vous serez morts tous les deux, et que, bientôt aussi, il ne subsistera rien de vous, pas même votre nom.
7. Supprime l’idée que tu t’es faite ; et, du même coup, tu supprimes aussi ta plainte : « Je suis blessé. » Supprime le « Je suis blessé » ; et, du même coup, la blessure est supprimée également.
8. Tout ce qui ne rend pas l’homme plus mauvais vis-à-vis de lui-même, ne peut pas non plus rendre sa vie plus mauvaise, et ne peut lui nuire ni au dehors ni au dedans.
9. La nature du bien universel est contrainte nécessairement à faire ce qu’elle fait.