Pensée 4.12
Marc AurèlePenséesLivre 4.12
12. Voici deux choses auxquelles il faut que tu sois incessamment tout prêt : la première, de ne faire absolument que ce que te recommande, dans l’intérêt de tes semblables, la raison, qui doit te régir souverainement et te dicter ses lois ; la seconde, de changer d’avis si tu viens à rencontrer quelqu’un qui t’éclaire, et qui te fasse renoncer à ta première pensée. Il est évident d’ailleurs que ton changement doit toujours venir de cette conviction profonde que la chose est juste ou qu’elle est d’utilité générale ; car ce ne sont jamais que des motifs analogues et aussi sérieux qui doivent te faire varier, et non pas cette considération qu’il peut y avoir pour toi dans l’idée nouvelle que tu adoptes ou du plaisir, ou de la gloire.