Pensée 12.14-15
14. Ou il n’y a dans le monde qu’une nécessité aveugle et un arrangement d’où l’homme peut sortir ; ou bien, il y a une Providence miséricordieuse ; ou enfin, il n’y a qu’une confusion infinie, sans cause supérieure. Si c’est une nécessité insurmontable, à quoi bon luttes-tu contre elle ? Si c’est une Providence, qui permet qu’on la fléchisse, rends-toi digne de recevoir l’appui de la divinité. Si c’est une confusion sans aucun maître qui la dirige, prends-en bravement ton parti, puisque toi du moins, dans cette affreuse tourmente, tu as le bonheur de porter en toi une intelligence qui peut te diriger. Si le flot t’emporte, qu’il emporte donc cette chair dont ton corps est formé, ce souffle qui t’anime, et tout le reste également ; mais, quant à ton intelligence, il ne l’emportera pas.\
15. Eh quoi ! la lumière de la lampe resplendit et ne cesse point de briller jusqu’au moment où elle s’éteint ; et la vérité, la justice, la sagesse, qui sont en toi, s’éteindraient avant toi-même !