Pensée 11.9
9. De même que les gens qui te font obstacle quand tu marches dans le chemin de la droite raison, ne doivent pas pouvoir t’empêcher de te conduire selon le devoir, de même leur opposition ne doit pas davantage refroidir ta bienveillance à leur égard. Il y a ici deux choses dont il faut également te préserver : la première, c’est de te laisser ébranler en rien dans ton jugement ou dans tes actes ; et la seconde, c’est de rien perdre de ta bonté, même envers ceux qui essaient de t’arrêter ou qui te causent un déplaisir quelconque. Il y aurait égale faiblesse, soit à t’emporter contre eux, soit à renoncer à ce que tu veux faire et à céder sous le coup que tu reçois. C’est déserter également le devoir que d’avoir peur, dans un cas ; et, dans l’autre cas, de prendre en aversion quelqu’un dont la nature même a fait notre parent et notre ami.