Pensée 10.38
Marc AurèlePenséesLivre 10.38
38. Dis-toi bien que le principe qui met tes fibres en mouvement est tout intérieur et caché en toi. Ce principe est ce qui te fait parler ; c’est la vie, et, s’il faut le dire d’un mot, c’est l’homme. Ne le confonds jamais dans ta pensée avec le vase qui le renferme, avec les organes dont il est entouré et revêtu. Ils sont à ton usage comme tous les autres instruments, une cognée, par exemple ; et la seule différence, c’est que c’est la nature qui nous les donne. Mais ces parties de ton corps, sans la cause qui en provoque ou en arrête le mouvement, seraient aussi inutiles que la navette sans l’ouvrière qui tisse, que le roseau sans la main qui écrit, ou que le fouet sans le cocher qui le tient.