Pensée 10.35
35. Lorsque l’œil est sain, il regarde tout ce qui peut être regardé, et il ne dit pas : « C’est du vert que je veux voir. » Car le vert n’est un besoin que pour l’œil qui est malade. De même, l’ouïe quand elle est saine, l’odorat quand il est sain, doivent être tout prêts à entendre les sons et à sentir les odeurs. L’estomac qui est sain doit être aussi bien disposé pour tous les aliments qu’il reçoit, de même encore qu’une meule de moulin doit être prête à moudre tous les grains qu’on y apporte. Ainsi donc, l’âme, quand elle est vraiment saine, doit être préparée à tous les événements. Mais l’âme qui dit : « Que mes enfants vivent ; » ou bien : « Que tout le monde me comble de louanges dans tout ce que je fais, » cette âme-là n’est qu’un œil qui cherche à voir du vert, ou des dents qui ne veulent que des aliments mous et faciles à broyer.