Pensée 10.34
34. Une fois qu’on a mordu aux vrais principes, il suffit du plus simple mot, d’une sentence connue de tout le monde, pour se souvenir qu’on ne doit avoir ni tristesse, ni crainte :
« Le vent les jette à terre et pourtant la nature… »
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« Ainsi sont les humains.....»
Ce sont également des feuilles que tes enfants ; ce sont aussi des feuilles légères que les clameurs enthousiastes qui chantaient tes louanges, ou, en sens contraire, ces malédictions, ces critiques, ces railleries dont on t’accablait. Ce sont des feuilles encore, et non moins légères celles-là, que ces voix qui propageront successivement ton souvenir dans la postérité. Oui, ce sont là autant de feuilles.
« ...........Et pourtant la nature,
« Chaque année, au printemps, ramène la verdure. »
Puis, le vent les a dispersées encore une fois, et la forêt en produit d’autres à leur place. Ainsi donc, cette durée éphémère est la condition commune de toutes choses. Et toi, tu prends toutes choses, soit que tu les fuies, soit que tu les recherches, comme si elles devaient être éternelles ! Encore un peu, et tes yeux se fermeront aussi ; et celui-là même qui t’aura porté en terre sera, à son tour, pleuré par un autre, qui l’y portera.