Livre 7.8
VIII. Ainsi quand nous considérons l’âme du sage, cette souveraine de toutes choses, rayonnant comme telle sur le monde entier, nous disons que tout lui appartient ; quant à son droit vulgaire de propriété, il consiste, le cas échéant, à payer le cens personnel. Bien autre chose est de priser sa richesse d’après la grandeur de son âme ou sur le rôle de l’impôt : l’idée de tout avoir, comme vous l’entendez, le révolterait. Je ne rappellerai point Socrate, Chrysippe, Zénon ni tant d’autres grands hommes, d’autant plus grands que l’envie ne fait pas obstacle aux gloires du passé. Je citais tout à l’heure ce même Démétrius que la nature me semble avoir fait naître de nos jours pour constater que ni lui ne pouvait être corrompu par nous, ni nous corrigés par personne, cet homme, bien qu’il s’en defende, d’une sagesse consommée, d’une fermeté de décision inébranlable, d’une éloquence digne de ses mâles doctrines, sans colifichets ni puéril souci de mots, et qui, pleine d’enthousiasme, selon que le souffle l’y porte poursuit jusqu’au bout son sujet. Oui sans doute, si la Providence a donné le spectacle d’une telle vie et d’un tel talent8 de parole, ç’a été pour que notre siècle ne manquât ni de censeur ni de modèle.