Livre 7.6
VI. Dans tous les exemples ci-dessus, il y a deux maîtres d’une même chose, et nomment ? L’un en est le propriétaire, l’autre l’usufruitier, Les mêmes livres que nous disons être de Cicéron, Dorus le libraire les appelle siens, et ne dit pas moins vrai que nous. L’un les revendique comme auteur, l’autre comme acquéreur, et l’on décide avec raison qu’ils sont à tous deux ; car tous deux y ont droit, mais non le même droit. Ainsi Tite Live peut recevoir ses propres écrits de Dorus ou les lui acheter. Je puis donner au sage ce qui est à moi personnellement, bien que tout soit à lui. Dès qu’en effet, à l’instar des rois, il possède moralement toutes choses, mais que les propriétés individuelles sont disséminées entre autant de maîtres, rien ne l’empêche de recevoir, de devoir, d’acheter, de louer. César possède tout ; mais son trésor ne renferme que ses biens propres et privés : si le monde est sous son empire, son patrimoine se borne à ce qui lui est personnel. On peut discuter si telle chose lui appartient ou non, sans amoindrir sa puissance ; car ce que la loi lui dénie comme revenant à autrui, est à lui sous un autre rapport. De même le sage, qui possède en son âme l’universalité des choses, n’a de droit et en propriété que ses biens à lui.