Livre 7.5
V. Et en effet, quand je dis que tout appartient au sage, c’est sans déposséder qui que ce soit de ses biens propres : de même que sous un bon roi tout est à lui comme souverain, et aux particuliers comme propriétaires, distinction dont la preuve viendra dans son temps. Pour la question présente, il suffit qu’une chose possédée par le sage et par moi à titres différents puisse être par moi donnée au sage. Rien d’étonnant qu’on puisse donner à qui possède tout. J’ai loué ta maison : j’acquiers là un droit à côté du tien : la chose est à toi, l’usage de la chose à moi. Ainsi encore, tu ne toucheras point, si ton fermier s’y oppose, aux fruits mêmes de tes terres, et ; s’il y a cherté ou famine,
Ils seront pour autrui ces iongs amas de grains,
quoique nés de ton fonds et entassés chez toi, et destinés à remplir tes greniers. Et tu n’entreras pas, toi propriétaire, dans ce que tu m’as loué ; et ton esclave, devenu mon mercenaire, ne pourra te suivre, et quand j’aurai pris à loyer ta voiture, ce sera bénévolement si je te laisse monter dans ce véhicule qui est à toi. Tu vois donc qu’il peut se faire qu’en recevant sa propre chose ce soit un don qu’on reçoive.