Livre 7.17
SénèqueDes bienfaitsLivre 7.171 min de lecture
XVII. Il y a deux genres de bienfaits : l’un, que le sage seul peut conférer au sage, c’est le bienfait par excellence et le seul vrai ; l’autre, vulgaire et plébéien, qui s’échange entre nous autres ignorants. Sur celui-ci, point de doute qu’on ne doive le rendre, quel qu’en soit l’auteur, devînt-il homicide, voleur, adultère par la suite. Il y a des lois pour les crimes, et le juge corrige mieux que l’ingrat. Nul ne doit te rendre méchant parce qu’il l’est lui-même. Au méchant, je jetterai vite son bienfait ; au bon, je rendrai : à celui-ci parce que je dois ; à l’autre pour ne plus devoir.