Livre 4.7
VII. « C’est de la nature, dis-tu, que me vient tout cela. » Ne vois-tu pas que ce mot de nature n’est qu’un autre nom que tu donnes à Dieu ? Qu’est-elle cette nature, sinon Dieu, sinon la raison divine incorporée à l’univers et à ses diverses parties ?Tu peux, si tu le veux, appliquer à l’auteur des choses toute autre désignation. Tu le nommeras aussi dignement Jupiter souverainement bon et souverainement puissant, Jupiter tonnant, Jupiter stator, non, comme disent les historiens, pour avoir, selon le vœu de Romulus, arrêté son armée en fuite ; mais c’est parce que sa tutelle bienfaisante donne au grand tout la stabilité, qu’il est stator et stabilitor. Que tu l’appelles destin, tu ne te tromperas encore pas : car le destin n’étant que l’enchaînement et la complication des causes, il est, lui, la cause universelle et première, de laquelle dérivent toutes les autres. Quelques noms que tu choisisses, ils lui seront propres et convenables, s’ils offrent quelque idée dé l’action et de l’influence d’un pouvoir céleste. Ses dénominations peuvent être aussi multipliées que le sont ses bienfaits.