Livre 3.21
XXI. Il est des actes que les lois n’ordonnent ni ne défendent : c’est là que l’esclave trouve matière au bienfait. Tant qu’il se borne à faire ce qu’on exige d’un esclave, il ne rend qu’un service forcé. Va-t-il au delà de ce qui lui est imposé, c’est un bienfait. S’élève-t-il jusqu’à l’affection d’un ami, le nom de serviteur ne lui convient plus. Il y a des choses que le maître est tenu de fournir à l’esclave, comme le vivre, le vêtement : jamais cela ne s’est nommé bienfait ; mais c’en est un que de s’attacher à lui, de l’élever libéralement, de l’initier dans les arts que l’on enseigne aux citoyens. La réciproque a lieu dans le rôle de l’esclave : tout ce qui dépasse le cercle des fonctions serviles, tout ce que lui dicte de généreux non l’obéissance, mais une impulsion volontaire, s’appellera bienfait, si toutefois la chose eût mérité ce nom de la part de tout autre.