Ce que tu es, c’est quelqu’un en progrès, un « progressant ».
Les philosophes, à travers toutes les écoles de pensée, se heurtent souvent à une notion paradoxale : le véritable sage n’existe pas. La sagesse est un idéal—une étoile brillante vers laquelle nous tendons sans jamais l’atteindre pleinement. Pourquoi ? Parce que l’humanité, par sa nature même, est imparfaite. La vraie sagesse nous échappe.
Dans le stoïcisme, tu es ce que nous appelons un Progressor (Prokoptôn).
Mais il y a de la beauté dans cette quête.
Celui qui est en progrès consacre chaque jour à poursuivre la sagesse, évoluant à travers des actions justes, un jugement éclairé et des désirs maîtrisés. Il n’est plus simplement un profane, il n’est plus absorbé par les distractions vaines qui occupent le monde autour de toi. Une lumière éclaire désormais son chemin, et cette lumière, c’est la recherche de la sagesse.
Cependant, même en suivant ce chemin, il sait qu’il n’arrivera jamais complètement à destination. Et c’est aussi ton lot, {{username}}. C’est une vérité noble, qui exige de l’humilité.
L’âme humaine est difficile à dompter.
Les réactions émotionnelles surgissent instinctivement,
sans prévenir,
l’homme qui ne peut pas toujours commander son esprit.
Mais c’est là que réside la force de celui qui est en progrès : conscient de ses faiblesses, il travaille à les surmonter.
Il s’efforce,
il trébuche,
et il s’efforce à nouveau.
Même Marc Aurèle, dont les écrits inspirent encore des millions de personnes aujourd’hui, n’était pas un sage. Il était quelqu’un en progrès. Ses Pensées en témoignent. Page après page, elles révèlent un homme en lutte avec son humanité—remplies de mélancolie, de discipline, et de rappels constants des principes qu’il cherchait à suivre. Ce sont les écrits d’un homme en quête de lumière, non d’un homme qui l’aurait déjà trouvée.
Il écrit :
« Ne pas se dégoûter, ne pas se décourager, ne pas désespérer, si l’on ne réussit pas du premier coup à toujours agir selon les vrais préceptes ; mais, après un échec, revenir à la charge, se trouver content si, dans la plupart des cas, on se conduit en homme, et surtout aimer l’objet auquel on revient. Ne pas retourner à la philosophie comme l’enfant retourne à son maître ; mais bien plutôt comme les malades qui souffrent des yeux reprennent l’éponge et le blanc d’œuf, ou comme d’autres encore ont recours au cataplasme et à la douche. » 1
Se voir comme étant en progrès est noble. C’est un signe extraordinaire d’humilité—peut-être la plus grande de toutes les vertus humaines, si tu veux mon avis, {{username}}.
Et souviens-toi ce passage d’Epictète :
« Lorsque, chez des ignorants, la conversation tombe sur quelque question théorique, tais-toi presque toujours ; car il y a grand danger à vomir aussitôt ce que tu n’as pas digéré. Et si on te dit que tu ne sais rien, et que tu ne t’en piques pas, sache alors que tu as déjà mis la main à l’œuvre de la sagesse. Car les brebis ne vont pas montrer aux bergers combien elles ont mangé d’herbe ; mais, après avoir au dedans digéré leur pâture, elles produisent au dehors laines et lait. Toi aussi, devant le vulgaire, n’expose pas les préceptes, mais, après les avoir digérés, les œuvres qui en naissent. » 2
Mais cette humilité doit être pure.
Elle doit être dépourvue de vanité,
de fausse modestie.
Qu’elle te guide avec sincérité.


