Je t’ai parlé depuis le début {{username}} de « vivre en stoïcien », de « vivre en philosophe ».
Voilà ce qui peut t’aider à vivre comme tu y aspires : concevoir ta pratique philosophique autour de ton « principe directeur ».
Les enseignements des anciens nous disent que tu es composé de trois parties 1 : ton corps, ton âme, et ton principe directeur (hegemonikon).
Tu n’es pas ton corps, car tu ne le maîtrise pas entièrement.
Tu n’es pas ton âme non plus, ce souffle subtil et diffus répandu dans tout le corps, d’où proviennent les émotions.
Mais,
__ tu es le centre de ce corps,
____ et le centre de cette âme.
______ Tu es ton « principe directeur ».
Cela te parait-il étrange ?
Tu serais donc ton intellect, mais tu ne serais ni ton corps, ni ton âme ?
Accepte cette lecture : tout émane de ton principe directeur, le bon fonctionnement de ton corps quand ton principe directeur choisi d’en prendre le plus grand soin, la tranquillité de ton âme quand ton principe directeur choisi de l’apaiser ;
Nous l’avons vu : tu n’es pas tes émotions, tu es seulement ta réaction à tes émotions. Tu es ton principe directeur, ton intellect, tes pensées, ton Moi. C'est vers ce principe directeur que tes émotions convergent naturellement, en quête de clarté et de compréhension. Des ce principe émane une lecture qui devient ton guide, façonnant la trajectoire de tes pensées et de tes actions, les orientant vers ce qui est véritablement juste et bon.
Quel est ce principe directeur ?
C’est l’araignée au milieu de la toile pour reprendre une métaphore utilisée par certains anciens stoïciens.
C’est la seule chose au final qui t’es propre, sur laquelle tu as un contrôle. C’est ce principe directeur qui te permet de dresser une frontière entre tes émotions et ton jugement, à exercer le contrôle sur tes propres pensées, émotions et actions, indépendamment des circonstances extérieures.
Ton principe directeur est ce qui te pousse à faire attention à toi-même, à éveiller en toi ta rationalité ; comprends-là à **développer** en toi ta capacité à observer ta vie de façon rationnelle.
Ton principe directeur,
te permet de veiller,
comme le disent certains stoïciens,
à la beauté de ton âme.
Autrement dit que ta sensibilité, celle qui est à la source de tes émotions reste contenue, maitrisée ; et ainsi que tu n’attribues pas une valeur négative aux évènements quand ils surviennent. Les textes originaux parlent même de ne pas donner son assentiment aux plaisirs, ce que je ne partage qu’en partie en ce qui me concerne. Je te laisse voir {{username}}, ce que tu juges bon pour toi.
Ton principe directeur identifie les émotions. Il en reconnait leur existence qui est naturelle, mais ne viens pas ajouter à la peine quand elle est présente.
Ainsi, penses-y : ton principe directeur : 1/ reconnait l’éclosion naturelle des émotions involontaires provoquées par des évènements extérieurs qui pénètrent l’âme, mais reconnait aussi 2/ l’exitance (et la force) de la faculté de jugement.
Médite sur cet extrait de Pierre hadot 2, il exprime l’essence même du stoïcisme :
« On voit que cette délimitation du Moi est au fond l’exercice fondamental du stoïcisme, qui implique la transformation totale de notre conscience de nous-même, de notre rapport avec notre corps et avec les biens extérieurs, de notre attitude à l’égard du passé et de l’avenir, une concentration sur le moment présent, une ascèse du détachement, la reconnaissance de la causalité universelle du destin dans laquelle nous sommes plongés, la découverte du pouvoir que nous avons de la juger librement, c’est-à-dire de donner aux chose la valeur que nous voulons leur donner. »
Vois-tu, trop de personnes pensent que le Moi (ton principe directeur) est celui qui a été voulu par ta destinée ; or là n’est pas ton véritable moi, ton véritable moi est lui élevé au-delà du destin.
Ton véritable Moi est celui que tu choisis d’être quand tu choisis de ne pas succomber aux émotions négatives.
Ton véritable moi est celui qui arrive après les émotions, c’est le moi qui refuse d’entretenir la tristesse, c’est le moi qui identifie ces émotions, les accepte le temps de les identifier, les dissocie et enfin s’en débarrasse.
{{username}},
voici
ton vrai moi—ancré dans le contrôle de tes pensées et dans tes actions, et non dans les pensées auxquelles nous avons souvent tendance à nous accrocher et à nous identifier. Ton vrai moi est défini par ta capacité à gérer ces pensées et émotions. Pour atteindre ce contrôle, tu dois transformer tes habitudes. C'est un parcours, et je suis ici pour t'accompagner dans ta transformation. Tu resteras toi-même, mais dans une version plus sereine.
__/// Ce ne sont pas
tes pensées. ///__.
Ton moi, ce sont ton contrôle et tes actions.
Et ce que je t’accompagne, tout au long de ce programme à faire {{username}}, c’est de transformer ce moi, afin de mieux vivre.
« Je vois en moi, Lucilius, non seulement une amélioration, mais une transformation. » Sénèque 3.
Souviens-toi de cela : philosopher, c’est se transformer, ou plus exactement transformer ton principe directeur, qui seul constitue ton Moi.
~
Une conscience unifiée.
C’est en ces termes que je décrivais ton principe directeur.
L’une des clés est de percevoir tes peines, ton anxiété, ta tristesse, comme **extérieures** à toi, **étrangères**. Elles sont étrangères dans la mesure où tu refuses à les accepter comme telles. Tu refuses à les laisser s’ancrer profondément en toi.
Considère le texte de Sénèque ci-dessous :
« Veux-tu savoir comment les passions naissent, grandissent, font explosion ? L’émotion d’abord est involontaire, et comme l’avant-courrière et la menace de la passion ; il y a ensuite une volonté, facile à vaincre ; on croit la vengeance un devoir après l’injure, ou qu’il faut punir l’auteur du mal.
L’instant d’après,
l’homme n’est plus son maître : il veut se venger, non plus parce qu’il le faut, mais à l’aveugle ; la raison a succombé. Quant à l’impulsion première, la raison n’y peut échapper, non plus qu’aux impressions physiques dont j’ai parlé, comme de bâiller en voyant bâiller les autres, ou de fermer les yeux quand une main étrangère s’y porte brusquement. Dans tout ceci la raison est impuissante ; l’habitude peut-être et une constante surveillance atténueront ces effets. Le second mouvement, qui naît de la réflexion, la réflexion en triomphe. » 4
Ainsi donc {{username}}, toi, pas plus de que Sénèque ne peuvent éviter ces émotions, mais tu peux les parer, les contrer.
Ton Moi, l’unité de ta conscience, ton principe directeur qui délimite le Moi de l’extérieur est ton pouvoir le plus absolu. Pour te représenter cette unité, image une sphère parfaitement ronde, toute entière en elle-même, immobile, parfaitement lisse et polie sur laquelle rien d’extérieur ne peut adhérer. 5
Tu es cette sphère ; tu es ton principe directeur. À la prochaine fois, mon ami, et d'ici là, prends soin de la « beauté de ton âme. »


