
Tu t’écoutes à peine, et pourtant tu vis sous le regard d’inconnus. Qu’attends-tu pour redevenir ton propre témoin ?
Tu traverses la vie en portant avec toi l’esprit qui t’appartient,
une voix que personne d’autre n’entend, à moins que tu ne choisisses de la faire entendre.
Et pourtant, combien de fois laisses-tu les voix des autres étouffer la tienne ?
Nous nous aimons plus que quiconque, et pourtant, nous accordons plus d’importance à ce que les autres pensent de nous qu’à ce que nous pensons de nous-mêmes.
Pourquoi ?
Pourquoi l’opinion d’un passant devrait-elle peser plus lourd que ta propre compréhension de qui tu es ? Imagine que chaque pensée que tu avais devait être prononcée à voix haute. Penserais-tu toujours de la même manière ? Ou commencerais-tu à façonner ton esprit pour plaire à un quelconque auditoire ? La vérité, c’est que beaucoup d’entre nous le font déjà. Nous vivons dans une soumission silencieuse aux attentes des autres, modelant nos choix, nos ambitions, même nos instants de quiétude, autour de la peur du jugement.
Dans les mots de Marc Aurèle :
« Bien souvent je me suis demandé, non sans surprise, comment il se peut que chacun de nous, tout en se préférant au reste des êtres, fasse pourtant moins de cas de sa propre opinion sur lui-même que de l’opinion des autres. Si un Dieu veillant sur nous, ou un maître plein de sagesse, nous prescrivait de ne concevoir aucune pensée, de ne faire aucune réflexion sans l’exprimer à l’instant même où nous l’aurions dans l’esprit, nous serions incapables de supporter cette contrainte un seul jour. Tant il est vrai que nous respectons l’opinion que les autres se font de nous, bien plutôt que l’opinion que nous en avons nous-mêmes ! » 1
Et qui sont ces juges ?
Et pourquoi compteraient-ils plus que toi ?
Si ton propre assentiment ne te suffit pas, alors celui d’un autre que toi ne le pourrait-il jamais ? La voie stoïcienne exige que tu reprennes possession de ton propre jugement, que tu deviennes ton propre arbitre, avec la certitude que nulle opinion, pas même le vacarme que font tous ces gens autour de toi, ne devrait l’emporter sur la propre compréhension réfléchie que tu as de toi-même.
Alors, tourne-toi vers l’intérieur.
Évalue tes actions selon tes propres critères. Cherche à vivre en accord avec la vertu, non avec l’approbation. Car dès l’instant où tu places le respect de toi-même au-dessus des opinions changeantes de la foule, tu deviens véritablement libre.