
Tout peut s’effondrer autour de toi, tant que tu tiens bon à l’intérieur. Ce n’est pas le monde qui te trouble, mais ce que tu choisis d’en laisser entrer.
Ce passage de Stefan Zweig, à propos de Montaigne 1, dont on dit qu’il fut en même temps stoïcien, épicurien et sceptique (je reviens sur ce point après l’extrait) est d’une justesse, comme le sont tous les écrit de Zweig, admirable.
Il capture en quelques paragraphes l’essence de la pensée que je te partage moi-même dans mes travaux : celle de
l’acceptation bien sûr,
encore et toujours.
L’acceptation de ce qui est comme seule religion pourrait être un autre nom donné à la pensée que je suis moi-même ; même si cela serait bien sûr bien trop réducteur.
Alors voici ce texte.
Je sais que tu as déjà lu des textes un peu similaires, mais tu le sais peut-être désormais, notre travail est aussi une thérapeutique par les mots. Donc, cher ami.e, imprègne toi de cette beauté littéraire infiniment stoïcienne :
« [Zweig parlant de Montaigne]
Ce n’est pas le maire de Bordeaux qui me rend visite, ni l’écrivain.
C’est un ami venu me donner ses conseils et parler de lui.
Parfois sa voix trahit une légère tristesse devant la fragilité de notre nature humaine, l’insuffisance de notre entendement, l’étroitesse d’esprit de nos dirigeants, le non-sens et la cruauté de notre époque, cette noble tristesse dont son disciple Shakespeare a doté d’une façon inoubliable ses personnage les plus chers, Hamlet, Brutus ou Prospéro.
Mais alors, je sens de nouveau son sourire : pourquoi prends-tu cela si à cœur ?
Pourquoi te laisse tu inquiéter par l’absurdité et la bestialité de ton époque ?
Tout cela ne fait qu’effleurer ta peau sans atteindre ton moi intérieur. L’extérieur ne peut rien te prendre, il ne peut pas t’ébranler tant que tu ne te laisses pas ébranler.
L’homme d’entendement n’a rien à perdre.
Les évènements n’ont aucun pouvoir sur toi dès que tu te refuses à d’y prendre part, la folie de ton époque ne produit pas de véritable détresse si tu conserves ta lucidité.
Et même les plus terribles de tes expériences,
les humiliations apparentes,
les coups du sort – tu ne les ressens qu’à proportion de ta faiblesse à leur égard,
car
qui d’autre que toi leur attribue de la valeur et de l’importance,
les associe à la joie
et à la souffrance ? Rien ne peut élever ton moi ou le rabaisser si ce n’est toi – même la contrainte extérieure la plus lourde est aisée à dissiper pour qui conserve sa fermeté et sa liberté intérieure. »
~
J’espère que ces mots te touchent.
pas au sens émotionnel, mais au sens où ils pénètrent en toi.
Maintenant, permets-moi stp un interlude :
je t’ai dit plus haut que Montaigne était à la fois Stoïcien, épicurien et sceptique – qui soit dit en passant, si tu ne le sais déjà, sont les trois grandes école (plus de cynisme, la quatrième) qui sont nées après Socrates ; et a ainsi crée sa propre pensée. Spinoza, Nietzche, Descartes, ont pêlemêle été influencé par les stoïciens, les cyniques les sceptiques pour créer leurs propres systèmes. Tu n’es pas l’une de ces grandes figures, moi non-plus. Et alors ? cela t’interdirait-il donc de te forger ta propre culture intérieure, celle qui résonne avec tes vibes à toi ?
Assurément, non.
Alors soi-toi-même {{username}}, Prends ce que tu aimes ici ou ailleurs, ce qui nourrit le feu de tes croyances ou ce qui fait naître cette nouvelle petite étincelle en toi.
Laisse le reste.
Mais, en toute circonstance, quoi qu’il arrive, reste ouvert.