Tu te sens lésé par l’exitance ?
Laisse-moi te donner une bonne claque, et ne le prends pas personnellement, je me la donne à moi-même de temps à autres : quel est ton problème : ta vie professionnelle patine ? tu te sens seul, mal aimé ? ton couple bat de l’aile ou tu ne parviens à trouver l’amour ? Tu as des complexes ?
Considère déjà à ce que tu as maintenant, ce dont tu jouis aujourd’hui.
Pas la peine d’écrire un journal de gratitude, en tous les cas, ce n’est pas mon truc [no disrespect], ce n’est pas ma façon de fonctionner. Mais par contre, prendre une peu de hauteur (ce qui est d’ailleurs un exercice spirituel pratiqué par les stoïciens) aide.
Enormément.
Et parfois je me sens un peu coupable de penser comme cela, par ce que je me dis que je construis ma déculpabilisation sur les malheurs des autres ; mais je n’ai pas encore réussi à trouver de réponse à ce jour donc je te le livre comme tel :
A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes en 2024,
et depuis deux ans,
la guerre en Ukraine a commencé.
Des familles ont été déchirées, des hommes tout juste adolescents ont été envoyés au front. Tous les jours ils combattent dans le froid, les pieds mouillés, le ventre vide, l’amour de leurs proches accroché à leur cœur comme un souvenir qui rassure et fais mal en même temps. Depuis combien de temps n’ont-ils pas embrasser ceux qui lui sont le plus cher ? Depuis combien de temps n’ont-ils pas fait l’amour à leur femme. Leurs femmes, restées seules dans le noir à consoler les cris de leurs enfants alors que les bombes pleuvent. Heureusement, celle-ci ne les a pas touchés. Mais peut-être est-ce ce voisin que l’on croisait dans le parc le samedi après-midi, quand la vie était encore normale, dont le corps est désormais inanimé. Cela, elle ne le saurait que demain ou dans quelques jours. Quand les bombardements auront cessé, et que peut-être, elle pourra sortir racheter un peu de farine et de lait pour éviter la famine
Je me rappelle avoir vu le témoignage d’un homme Ukrainien, je crois me rappeler qu’il était soldat.
La scène était filmée dans l’appartement d’un immeuble, non loin du champ de bataille. Une lumière orangée pénétrait dans l’appartement, un fin rayon de soleil se faufilait entre deux rideaux épais pour aller s’écraser sur la tapisserie aux motifs désuets du mur d’en face. L’homme vraisemblablement voulait se rendre le plus discret possible. Il passait ses journées sur son téléphone et à son ordinateur, à échanger avec ces compatriotes, ses amis. Le cendrier était plein, l’air vicié, les meubles défraichis et mal agencés. Tout était dans son environnement des plus rudimentaire ; tout comme les plaisirs d’une vie passée l’étaient : cet homme face caméra témoigna : « le bonheur pour moi aujourd’hui, dit-il, … c’est manger une pizza devant la télévision avec ma femme et mes enfants ». Je ne sais plus si cet homme avait perdu sa famille, ou juste s’il dû s’en éloigner pour aller combattre ; mais une chose est sûre, c’est dans de telles situations que nous nous rendons compte de la chance incroyable que nous avons de vivre. De pouvoir passer des moments aussi insignifiants que de manger et partager avec ses proches une pizza devant une télévision
Alors quand tu te sens un peu blah, que tu commences à te sentir blazé, pense à ce soldat Ukrainien.
J’aurais pu parler des dizaines de milliers de migrants morts dans les eaux de la méditerranée partis en vain chercher une vie meilleure en Europe, j’aurais pu te parler de l’enfer sur Terre au moment où j’écris ces lignes, à Gaza, mais c’est l’image de ce soldat que me revient souvent en tête. Peut-être parce qu’elle fait aussi écho à une phrase d’un homme d’affaire qui m’avait marqué ; dans un interview, il dit à la journaliste quelque choses comme : « le bonheur, ce n’est pas boire un jus de mangue sur une plage paradisiaque, c’est rentrer chez soi tous les soirs et pouvoir embrasser sa femme ». Je crois qu’indirectement aussi, cette parole du soldat fait lointainement écho à cette phase de Schopenhauer : « le bonheur est une succession de petit plaisir ».
Trouve toi aussi ton image.
Si tu peux déjà de ton côté {{username}},
te satisfaire des petites choses élémentaires de la vie : ton travail, le toit sous lequel tu vis, tes amis, peut-être ton/ta conjoint.e et même une famille, avec des enfants en bonne santé ; peut-être en relativisant, tu peux te dire que tu as de quoi être heureux ; et qu’en désirant un peu moins, en jalousant un peu moins les autres ; toi, comparativement à ce dont d’autre sur cette Terre jouissent – c’est à dire, très peu, tu as peut-être tout pour l’être – heureux.
Je te laisse sur cette réflexion.
Un mot de précision de ma part avant de partir : mon propos n’est pas de te culpabiliser, je veux juste t’inviter à faire un exercice, celui de la relativisation.
