Il te faut agir peu.
Marc Aurèle cite Démocrite : « Si tu veux conserver la paix de ton âme, dit un philosophe, n’agis que le moins possible. »
Et poursuit :
« Mais ne serait-ce pas encore mieux de ne s’occuper que de ce qui est absolument nécessaire, et uniquement de ce qu’exige la raison d’un être essentiellement sociable, dans les conditions où la raison l’exige ?
De cette façon on ne jouit pas seulement de la satisfaction d’avoir fait bien ; mais on jouit en outre de l’avantage de n’avoir agi que fort peu. C’est qu’en effet la plupart du temps ce que nous disons, ce que nous faisons n’a rien de bien nécessaire ; retrancher tout cela, ce serait s’assurer plus de loisir et aussi plus de tranquillité. Par conséquent, il faut, pour chaque chose, se souvenir de se poser cette question : “N’est-ce point là quelque chose qui n’est point nécessaire ? ”
Bien plus,
ce qu’il faut ainsi retrancher,
ce ne sont pas seulement les actions qui ne sont pas indispensables, mais ce sont en outre les pensées ; car, de ce moment, les actions qui nous entraînent et nous dévient ne pourraient plus suivre des pensées qui n’existeraient point. » 1
Agir peu,
c’est avoir le courage de ne pas t’engager dans des occupations en apparence plaisantes, mais en réalité futiles et qui ne servent pas ton dessein premier : celui d’œuvrer pour ton développement ou le développement de la société ;
c’est prendre conscience de la brièveté de la vie, que la mort est peut-être là, juste à la sortie de cette autoroute ; et qu’il te faut apporter du sérieux aux choses. Ton temps étant limité, ces choses ont une valeur sans égale.
Car le temp est bien le plus grand bien.
La seule chose que tu ne puisses pas acheter, la seule chose que tu ne peux rattraper. Même un jour pluvieux peut-être remplacer le lendemain par une journée ensoleillée. Le temps lui, ne se récupère jamais.
Agir peu,
c’est aussi penser peu.
Penser à des choses futiles comme ce que les autres pensent de toi, c’est gâcher son temps sur Terre.
Dans ce que tu entreprends {{username}}, tu dois y mettre toute ton implication, tout ton sérieux.
L’un des passages le plus cité des Pensées explique :
« L’âme de l’homme ne saurait s’infliger une plus cruelle injure à elle-même que […] lorsqu’elle néglige de diriger vers un but précis ses actes ou ses sentiments, et qu’elle les laisse aller à l’aventure et sans suite, tandis que c’est notre devoir de calculer nos moindres actions en les rapportant au but suprême de la vie. » 2
Quand tu sors voir des amis, ne pense pas à ton travail.
Quand tu travailles, ne pense pas à tes amis.
Il ne s’agit pas seulement de ta capacité à vivre dans le moment présent, qui est le seul moment qui existe pour les stoïciens, mais de t’impliquer pleinement dans ce que tu fais ; tout en ayant à l’esprit le pourquoi tu le fais, et la finalité recherchée. Regarde tout ce qui existe autour de toi. Les plus beaux films ne sont-ils pas les belles œuvres parce que les réalisateurs, out les acteurs ont engagé tout leur être pendant une période de leur vie, vers un but commun ? N’en est-il pas de même pour toute œuvre créatrice ? Préparer un plat chez soit pour faire plaisir à son ou sa partenaire suis la même logique. De bout en bout, dès le moment où tu choisis tes ingrédients à celui où tu sers le plat préparé dans une assiette, tout a été consciencieusement opéré dans un but précis : celui d’offrir un moment de plaisir à ton ou ta compagne.
Tout acte dans lequel tu ne mets pas de sérieux est un temps perdu à tout jamais, que tu ne rattraperas pas. C’est l’horloge de la vie qui tourne. Quand tu perds ton temps à faire les choses sans entrain, tu perds un peu de ta vie.
Agis donc avec tout ton cœur, avec toute ton âme.
Que le fruit de tes actions soit le meilleur de ce que tu peux donner au monde.
Tu n’es tireras qu’une satisfaction encore plus forte.
Voilà un écrit d’Epictète qu’il a écrit dans son cours Manuel que je te laisse méditer :
« Dans toute affaire, examine bien les antécédents et les conséquents,
et alors entreprends.
Sinon, tu seras d’abord plein de feu, parce que tu n’as pas réfléchi à l’enchaînement des choses ; et plus tard, quand quelques difficultés se produiront, tu renonceras honteusement.
Tu veux être vainqueur aux jeux olympiques ?
Et moi aussi, de par les dieux ; car c’est une belle chose.
Mais examine bien les antécédents et les conséquents, et alors entreprends. Il faut obéir à une discipline, manger de force, t’abstenir de gâteau, faire des exercices forcés, à des heures réglées, par le chaud, par le froid, ne boire ni eau fraîche ni vin indifféremment, en un mot, te mettre entre les mains du dresseur comme entre celles d’un médecin ; puis, dans l’arène, il faut creuser des fosses, quelquefois se démettre un bras, se donner une entorse, avaler force poussière, quelquefois être fouetté, et avec tout cela être vaincu.
Quand tu auras bien pesé tout cela,
si tu persistes,
fais-toi athlète.
Sinon, tu seras comme les petits enfants qui jouent tantôt au lutteur, tantôt au gladiateur, qui tantôt sonnent de la trompette, tantôt déclament ; de même, tu seras tantôt athlète, tantôt gladiateur, puis rhéteur, ensuite philosophe, et jamais rien du fond de l’âme ; tu imiteras comme un singe tout ce que tu verras faire, et chaque chose te plaira à son tour. C’est qu’avant d’entreprendre tu n’as pas bien examiné, retourné la chose sous toutes ses faces ; tu vas au hasard et sans désirer vivement.
C’est ainsi que certaines gens pour avoir vu un philosophe, pour avoir entendu parler comme parle Euphrate […], veulent aussi être philosophes. Mais, pauvre homme, examine d’abord ce que c’est que d’être philosophe ; ensuite étudie ta propre nature, pour voir si tu es de force. Tu veux être pentathle ou lutteur ? Considère tes bras, tes cuisses, examine tes reins. L’un est doué pour une chose, l’autre pour une autre. Crois-tu qu’en te faisant philosophe tu peux manger et boire de la même manière, avoir les mêmes désirs, les mêmes aversions ? Il faut veiller, peiner, te séparer des tiens, t’exposer au mépris d’un petit esclave, aux risées des passants, avoir le dessous partout, en honneurs, en dignités, devant les juges, enfin en toute chose. Pèse bien tout cela. Maintenant si tu tiens à avoir en échange l’impassibilité, la liberté, le calme, c’est bien ; sinon, retire-toi.
Ne fais pas comme les enfants ; ne sois pas maintenant philosophe, ensuite percepteur, puis rhéteur, puis procurateur de César. Tout cela ne saurait s’accorder. Il faut que tu sois un, ou vertueux ou vicieux ; il faut cultiver ou ton âme ou les choses du dehors, l’appliquer ou aux choses intérieures ou aux choses extérieures, c’est-à-dire, rester ou philosophe ou non-philosophe. » 3
Passe une bonne journée mon ami.


