Au travers la discipline du jugement, le stoïcisme nous apprend à porter un jugement juste sur les évènements
Au travers la discipline du désir, le stoïcisme nous apprend à consentir à tout ce qu’il advient.
Au travers la discipline de l’action, le stoïcisme nous apprend se conduire justement.
Là où la discipline du jugement nous apprend à apprécier correctement les choses,
là où la discipline du désir nous apprend à accepter la nature universelle,
la discipline de l’action nous apprend à agir conformément avec la nature humaine.
Dans les mots de Marc Aurèle :
« […] comprends qu’il n’est au monde rien de grand, si ce n’est d’agir comme le veut ta nature particulière et d’accepter ce que produit la commune nature. » 1
Contrôler tes pensées au travers la discipline du désir comme nous l’avons vu dans le texte précédant ne suffit pas.
Il te faut également contrôler tes actions.
Quelles sont les bonnes actions ?
Celles qui se conforment à la Nature de l’homme, qui elle-même s’imbrique dans la Nature Universelle.
Quelle est la nature de l’Homme ?
Celle de vouloir croître. L’Homme porte en lui une force certaine de croissance. Les végétaux cherchent infailliblement à croître, c’est dans leur ADN. Il en est de même de la disposition initiale de l’Homme.
Qu’est-ce que la croissance chez l’Homme ?
C’est son amélioration continue, et faire le bien autour de lui.
Il est conforme à l’instinct naturel de l’Homme que d’œuvrer à la préservation et au développement de sa personne, et de servir le bien commun. Ces sont ce que les stoïciens nomment « actions appropriées », ou « devoirs ». 2
Mener la bonne action, c’est donc d’abord prendre soin de soi afin de s’améliorer : que chaque action tende vers ta propre conservation, du moment qu’elle ne nuit pas à autrui ; et c’est aussi agir pour le bien de la communauté humaine : que toutes tes actions soient menées de manière à ce qu’elles permettent à l’ensemble de la communauté de prospérer, et cela au travers le lien avec ta famille, tes amis, ta communauté, et toutes personnes que tu croises sur ton chemin.
Aucune de tes actions {{username}} ne doit servir un but qui ne serait autre que l’une de ces deux finalités :
- Préserver et améliorer ta personne,
- Servir le bien commun.
Et pour chacune des tes actions qui sert l’un de ces deux objectifs supérieur,
il importe que tu mettes du sérieux dans ce que tu fais, qu’aucune de tes actions ne soient faîte de façon irréfléchie, inconsidérée, sans discernement.
Le mot important ici est -||sérieux||-.
Il faut que tu sois sérieux dans ce que tu fais.
Sérieux veut dire conscient, et avec un objectif déterminé.
Quand tu es sérieux dans ce que tu entreprends, aucune de tes actions n’est vaine, sans impact.
Aussi minime que soit l’action nous dit Marc Aurèle, elle porte en elle les composantes de la préservation de ton être ou du bien envers la communauté.
« L’âme de l’homme ne saurait s’infliger une plus cruelle injure à elle-même […] lorsqu’elle néglige de diriger vers un but précis ses actes ou ses sentiments, et qu’elle les laisse aller à l’aventure et sans suite, tandis que c’est notre devoir de calculer nos moindres actions en les rapportant au but suprême de la vie. » 3
Ainsi, ce que le stoïcisme nous invite à faire {{username}}, c’est d’agir avec vertu, cette vertu dont la portée réalisatrice se propage au-delà de ton unique personne ; et de se séparer du vice, qui au contraire lui, est autocentré sur tes propres plaisirs et satisfactions.
C’est cette vertu que nous verrons plus tard qui nous guide.
Est-il mauvais pour autant de se faire plaisir ?
Est-ce vertueux ?
Oui, tu as le droit de te faire plaisir. Le stoïcisme n’est pas – comme ses détracteurs voudraient nous le faire penser, une philosophie de l’austérité. Quand il s’agit de plaisirs personnels, il s’agit d’avoir de la mesure, ou de la tempérance pour faire écho à l’une des quatre vertu cardinale 4 :
Ce sont les impulsions égoïstes que tu dois combattre. Marc Aurèle à nouveau :
« […] ne souffre plus que ce principe [directeur : ton âme] soit jamais esclave, qu’il ne soit jamais lacéré par un instinct désordonné, qu’il se laisse tirer comme une marionnette par les fils des impulsions égoïstes. » 5
Aussi,
nous savons que la société actuelle nous pousse à l’individualisme, que cette même société nous amène de plus en plus à chercher des satisfactions égoïstes, mais pour autant, je t’amène à te poser cette question :
Est-ce là la bonne voie ?
Est-ce que cette envie d’autosatisfaction permanente te rapproche vraiment du bonheur véritable ? Pose-toi la question, Ressens-tu plus de bonheur quand tu reçois un cadeau, ou quand tu offres un cadeau ? N’est-il pas souvent bien plus agréable d’offrir que de recevoir ?
Mesure donc, entre plaisir et plaisir égoïste.
Le plaisir est plaisir lorsqu’il est partagé, lorsqu’il est bénéfique à ton âme et non sournoisement destructeur, plaisir lorsqu’il contribue à la construction de soi et au bien commun.
Ce qui importe, c’est la finalité de ton action.
Pourquoi es-tu en train de lire ce texte, à cet instant même ? Tu lis en ce moment ce texte dans le but d’une construction personnelle, pour vivre mieux, grâce à la philosophie. Cette action a un but précis : celui de vivre mieux et donc de te préserver. C’est donc une bonne action.
La finalité doit être claire et alignée avec tes principes pour chacun des plaisirs que tu t’accordes.
Tu n’auras pas besoin de réfléchir.
Inconsciemment, tu seras ce qui est bon.
Enfin,
dans chacun de ces plaisirs,
il faut mettre de la passion, de l’intention.
Il te faut agir peu, mais avec sérieux et passion, avec un objectif déterminé car c’est aussi prendre conscience de la valeur de chaque instant, c’est ce que nous explorerons plus en détails dans le prochain texte.

