Le stoïcisme nous dit que tu nous ne devrions jamais craindre le jugement des autres, parce que le jugement des autres est une chose qui ne nous appartient pas, qui nous est extérieure.
C’est le fondement de notre pensée stoïque.
Dans ce texte Epictète explore les racines de l'anxiété, te démontrant que ton inquiétude est d’abord alimentée par ton envie de vouloir contrôler ce qui est hors de ton contrôle : le jugement des autres. Or, si tu maîtrises ton sujet, pourquoi craindre ce que les autres pourraient bien penser de toi ?
Feraient-ils eux-mêmes mieux que toi ?
Se sont-ils même exposés comme tu le fais toi ?
Épictète illustre cette idée à travers l'exemple d'un musicien serein lorsqu'il joue seul, mais anxieux sur scène, où il aspire à l'applaudissement du public, un élément extérieur et imprévisible. Cette anxiété, selon Épictète , naît de l'écart entre les compétences que tu maîtrises et les domaines non explorés de ta vie, notamment ta soif d'approbation et de reconnaissance extérieures, choses que tu ne devrais pas désirer, car hors de ton contrôle.
Il nous dit
que la vraie
tranquillité d'esprit,
vient de la compréhension et de l'acceptation de ce sur quoi tu as un pouvoir direct : la maîtrise de ton sujet (tes actions), plutôt que les perceptions et les comportements de ceux qui t’entourent, et que pour atteindre cette sérénité : Épictète te dit qu’il ne tient qu’à toi de te former : c’est-à-dire comprendre, intérioriser la dichotomie de ce monde : il y a ce qui dépend de toi, et ce qui n’en dépend pas.
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« Lorsque je rencontre quelqu'un qui semble anxieux, je me demande toujours ce qu'il désire réellement. Si cette personne ne désirait pas ce qui est hors de sa portée, serait-elle vraiment anxieuse ?
Prenez l'exemple d'un musicien qui joue de la harpe :
seul, il est serein,
mais dès qu'il se retrouve sous les projecteurs, même avec un talent indéniable, l'anxiété s'empare de lui. Il ne désire plus uniquement bien jouer ; il aspire également à recevoir des applaudissements, un élément qui échappe à son contrôle. Ce musicien est confiant quand il s'agit de son art, mais l'anxiété le gagne face à l'inconnu, comme l'appréciation du public, un domaine qu'il ne comprend pas puisqu’il ne l’a jamais étudié.
Cela le rend vulnérable à la peur.
Quand je vois quelqu'un s'agiter de la sorte, je ne doute pas de ses compétences musicales mais je remarque qu'il est plus qu'un simple musicien ; il est aussi un étranger dans son propre environnement, ignorant les coutumes et les lois qui régissent notre société. S'il ignorait comment rédiger un testament, il chercherait de l'aide auprès d’un notaire. Pourtant, il poursuit ses désirs et sans se questionner sur leur portée ou leur faisabilité, sans comprendre ce qui lui appartient ou non.
S'il avait conscience que certaines choses ne sont pas de son ressort, il ne connaîtrait ni embarras, ni contrainte, ni inquiétude. Après tout, pourquoi craindre ce qui n'est pas nuisible, ou même le mal, si nous avons le pouvoir de l'éviter ?
Si ce que nous ne pouvons pas contrôler n'est ni bon ni mauvais, et si ce que nous pouvons contrôler dépend entièrement de nous, d'où viendrait l'anxiété ? Nos inquiétudes sont souvent liées à notre physique, notre situation financière, ou l'opinion des puissants, mais notre esprit lui, doit rester à l'abri de ces tourments.
Dois-je m'inquiéter de faire une erreur ?
Absolument pas, car c'est à moi de veiller à ne pas en faire. Et de poursuivre un objectif qui va à l'encontre de ma nature ? Certainement pas. Alors, quand tu rencontres quelqu'un qui semble épuisé, adopte la perspective d'un médecin analysant les symptômes : "Celui-ci souffre du foie, tandis que celui-là a un problème de rate. " Tu devrais conclure de même : "Son désir et sa répulsion sont déréglés, ils ne sont pas contrôlés ; ils ne sont pas en bonne santé, ils brûlent." Ces sentiments sont en réalité les seules raisons pour lesquelles notre teint change, nous tremblons, ou nos dents claquent ; rien d'autre ne provoque cela."
Zénon, par exemple, restait calme face à Antigone, sachant que rien de ce qui importait pour Antigone ne le concernait. Antigone, en revanche, était anxieux, désirant l'approbation de Zénon, une quête incertaine.
Un véritable expert ne cherche pas l'approbation de ceux qui ne maîtrisent pas son art.
Un bon homme ne souffre pas, ne se lamente pas en craignant le jugement d'autrui.
Pourquoi s'inquiéter de ce qui est hors de notre contrôle ? C'est à l'autre de bien accueillir nos actions. Si tu es maître de tes paroles, pourquoi craindre ? Si tu as appris à écrire ou à lire, c'est parce que tu as acquis la confiance dans ces domaines. De même, si tu as appris à argumenter et à discuter, tu devrais pouvoir le faire avec assurance et compétence. »
